Un peu d'histoire

Terre au trois pointes ou 'Trinacrie' est le premier nom de la Sicile donné par les anciens. Cette 'Trinacrie' se retrouve maintenant sur les armoiries de l'île.

Au paléolithique, les Sicanes est le premier peuple connu de la Sicile. Au XVe-Xe siècle avant J.-C., ils furent en partie supplantés par les Sicules et les Elymes qui s'implantent à l'est de l'île. Les Sicanes sont en partie repoussés dans le nord-ouest de l'île. L'île change de nom: Sicanie devient Sicile.

Au VIIIe siècle avant J.-C. commença l'afflux des colonisateurs Grecs sur la partie orientales de l'île (Naxos) puis peu après arrivèrent les Phéniciens de Carthage, qui y fondèrent des colonies notamment à Marsala, Panormos (Palerme) et Erice sur la partie occidentale.

Les villes grecques connaissent rapidement la prospérité mais sont soumises à l'autorité de puissants 'tyrans' tels que Gélon à Gela puis à Syracuse (490 avant J.-C.) et Théron à Agrigente (488 avant J.-C.).

En 480 avant J.-C. Syracuse écrase les Carthaginois qui sont vaincus à Himère. Trente ans plus tard, Syracuse est à son apogée et devient la rivale d'Athènes qui sort à peine de la guerre contre les spartes. En 414 avant J.-C., Syracuse est assiégé par l'armée Athéniene qui est anéantie un an après. Près de 7000 grecs périssent dans les latomies (anciennes carrières) alors utilisées comme prison.

C'est durant cette période que l'île se couvre de ses plus beaux temples de type dorique (style le plus ancien avant le style ionique puis corinthien). Les sites les plus intéressants sont à Agrigente, Ségeste, Sélinonte et Syracuse.

La prépondérance grecque devint si forte à tous points de vue que lors de sa conquête par les Romains (220-210 avant J.-C.), la Sicile était un pays hellénistique. L'appartenance de la Sicile à l'Empire Romain n'entraîna qu'une romanisation insignifiante de l'île. La preuve en est que le grec resta la langue courante de la population sicilienne.

Villa Romaine: 'Villa del Casale' (IIIe et IVe siècle avant J.-C.)

Tout commence en 212 avant J.-C. quand le consul romain Marcellus s'empare de Syracuse. La Sicile devient alors le grenier à blé de l'empire romain. Ces derniers utilisant des esclaves ou des paysans libres pour faire fructifier les terres des vastes domaines. C'est d'ailleurs de cette époque que date la villa Casale à coté de la ville de Piazza Armerina.

Après la chute de l'empire Romain (500 après J.-C.), les liens de la Sicile avec la Grèce (Byzance) se firent encore plus étroits. La Sicile s'était à tous égards tournée vers Byzance et détournée de Rome, lorsque les Arabes en commencèrent la conquête en 827. Celle-ci eut pour conséquence une forte immigration arabe. La population sicilienne porte alors presque autant l'empreinte arabe que l'empreinte grecque.

A l'époque de la conquête de l'île par les Normands (1061), la majeure partie de la population était arabe. Pendant la période normande, le nombre de la population arabe diminua constamment, mais cette diminution ne fut au fond qu'apparente. De nombreux arabes se convertirent au christianisme, ainsi le nombre des Arabes islamiques diminua, tandis que celui des Arabes chrétiens croissait, ces derniers devenant une composante bien intégrée de la population sicilienne. L'élément normand vint s'ajouter à la fusion des éléments siciliano-grecs et arabes, et ces trois éléments constituèrent la base de la civilisation gréco-arabo-normande qui caractérisa l'apogée de la Sicile.

C'est précisément en 1091 que la Sicile redevient chrétienne (après 30 années de guerre) grâce au roi normand Roger Ier, suite à la demande du pape Grégoire VII afin d'en chasser les "infidèles". Roger s'empara de Messine dés 1061 et bat les Sarrasins à Misilmeri en 1068.

Les conquérants normands firent preuve d'une grande tolérance à l'égard de la population musulmane. Ils respectèrent les lois et les coutumes islamiques et la plupart des riches sarrasins purent conserver leurs palais et leurs terres.

Le roi Roger 1er meurt en 1101 et c'est son fils Roger II qui est alors proclamé 'roi de Sicile, des Pouilles et de Calabre' en 1130 par l'antipape Anaclet II. C'est sous le règne de Roger II que la Sicile connaît son apogée économique, artistique et culturelle.


La Cappella Palatina

C'est durant le règne du roi Roger II et de Guillaume II que des chefs d'oeuvre de l'art arabo-normand sont battis et prennent toutes leur importances:
- La cathédrale de Monreale (aux environs de Palerme) est remarquable pour son intérieur recouvert de mosaïques étincelantes qui illustrent les épisodes de l'Ancien Testament. Mélanges d'oeuvres d'artistes byzantins, arabes ou siciliens, la cathédrale ainsi que son cloître - composé de 228 colonnettes aux chapiteaux tous différents - confèrent à l'endroit une beauté majestueuse.

- La cathédrale de Cefalù commencé en 1131 fut achevé qu'un siècle plus tard. Seule la décoration de l'abside fut terminé en 1148. Elle y représente le Christ Pantocrator tout comme la cathédrale de Monreale mais l'endroit est moins grandiose.

- La chapelle Palatine fondée en 1132 est un monument exceptionnel. D'une longueur de 32m, elle y réuni dans la pénombre, des mosaïques byzantines représentant le Christ Pantocrator et des scènes bibliques. On y trouve aussi un candélabre tout en marbre qui fut offert par l'archevêque de Palerme à l'occasion du couronnement de Guillaume. En levant la tête, un magnifique plafond en bois sculpté à alvéoles vous surprendra pour sa représentation du paradis vu par des artistes musulmans.

Roger II mourut en 1154 et c'est son fils cadet Guillaume Ier (1154-1166) qui lui succède. Pendant les 40 années qui suivirent, avant que la Sicile passe aux mains de la famille des Hohenstaufen en 1194 par Henri IV, elle est gouvernée par Guillaume II (1166-1189) puis par Tancrède (1190-1194) fils de Roger II.

Durant la période des Hohenstaufen, de nombreux trésors furent envoyés dans la capitale de l'empire prussien. Ce fut notamment le cas du manteau de cour du roi Roger actuellement exposé au musée de Vienne. Henri IV élimina aussi tous les descendants de Tancrède. A sa mort en 1197 victime de la dysenterie, il fut inhumé dans un des tombeaux de la cathédrale de Palerme.

En 1220, c'est Frédéric II qui fut couronné empereur. Grand protecteur des arts et des sciences, il reçut le surnom de "Merveille du monde". Néanmoins, il scella le sort de la Sicile en menant une politique tournée vers l'Occident. A sa mort en 1250, l'Empire se déchire et Manfred son fils bâtard s'empare de la Sicile en 1261. C'est alors la fin de la période la plus glorieuse de la Sicile.

Des années qui suivirent, de 1266 à 1860 où la Sicile est rattachée à l'Italie, l'île passe de mains en mains:

- Les Angevins (1266-1282).

- Les Aragonais et la domination espagnole (1282-1713).

- La maison de Savoie (1713).

- Les bourbons (1734).

- La domination anglaise (1806).

- Garibaldi et le soulèvement des Siciliens (1860).

Après la deuxième Guerre mondiale, les aspirations séparatistes non moins vigoureuses qui persistaient furent largement prises en compte dans la création de la région autonome de Sicile. L'île est ainsi divisée en 9 provinces dont les chefs lieu sont Agrigente, Caltanissetta, Enna, Messine, Palerme, Raguse, Syracuse, et Trapani. La Sicile est la seule région de l'Italie à posséder son propre parlement dont les pouvoirs se cantonnent à des décisions régionales d'ordre administratifs.


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